Qu’est-ce qu’un questionnaire QVT ?
Définition
Le questionnaire QVT est un outil d’enquête permettant d’évaluer la qualité de vie au travail au sein d’une organisation. Déployé auprès des collaborateurs, il sert à recueillir leur perception, leurs avis sur leur environnement professionnel et des conditions d’exercice de leur activité et leurs retours d’expérience vis-à-vis de l’entreprise et la manière dont elle traite son personnel.
Objectif du questionnaire QVT
L’objectif visé par le déploiement d’un questionnaire QVT est de recueillir des informations fiables qui serviront de base à l’amélioration continue de la qualité de vie au travail. C’est pourquoi il doit couvrir un large ensemble de thématiques professionnelles, allant de l’ergonomie des postes, à la gestion du stress au travail, en passant par l’esprit d’équipe et le sentiment de reconnaissance.
Ce sondage est aussi bénéfique pour les collaborateurs que pour l’entreprise. Pour les collaborateurs, il offre l’opportunité de s’exprimer sur leur ressenti et leurs attentes, favorisant une évolution positive de l’organisation et de l’ambiance professionnelle. Du point de vue de l’organisation, il permet de détecter des problématiques certaines, d’augmenter la productivité des travailleurs, mais aussi de les fidéliser et d’attirer davantage de talents.
Aussi, dans le cadre de l’accord national interprofessionnel (ANI) sur la qualité de vie au travail, le questionnaire QVT se présente comme une démarche proactive pour répondre aux enjeux législatifs et sociaux.
Concrètement, le questionnaire QVT a pour but de dresser un diagnostic de la qualité de vie au travail à un instant T, afin de mettre en place un plan d’action pertinent, visant à améliorer le quotidien des travailleurs dans l’entreprise. Une approche holistique et méticuleuse dans la création du questionnaire garantit la capture d’une image fidèle des réalités vécues par les employés.
Anonymat du questionnaire
Le respect de l’anonymat et la protection des données personnelles sont essentiels pour garantir la confiance des participants et donc la fiabilité des réponses. Il convient de se conformer aux réglementations en vigueur, comme le RGPD en Europe, et de rassurer les répondants sur le caractère confidentiel de leurs réponses dès le début du questionnaire. Aucune information permettant d’identifier directement ou indirectement une personne ne doit être récoltée sans son consentement explicite.
Quel est le format idéal du questionnaire QVT ?
Ce sondage interne se traduit par une série de questions structurées visant à appréhender les différents aspects de la vie professionnelle qui influencent le bien-être et la satisfaction des collaborateurs.
Un bon questionnaire QVT doit être suffisamment court pour être engageant, tout en étant assez complet pour refléter les réalités du terrain. Idéalement, il comporte entre 20 et 40 questions pour une durée de remplissage avoisinant les 10 minutes. Il peut mélanger questions fermées (type échelle de Likert) pour faciliter l’analyse statistique, et questions ouvertes pour permettre aux salariés de s’exprimer librement sur des sujets sensibles ou qui méritent des précisions et des nuances.
Côté diffusion, les formulaires numériques type Google Forms, Microsoft Forms ou via un outil RH dédié, sont à privilégier, car facilement administrable et remplissable, partout et à tout moment. Pour les métiers peu connectés, une version papier peut être envisagée. L’essentiel est que le format soit simple, lisible et accessible à tous.

Comment concevoir le questionnaire QVT en 8 étapes clé ?
Comme mentionné plus haut, un bon questionnaire QVT, qui apporte des résultats probants et utilisables, ne se résume pas à une série de questions posées au hasard. Il doit être stratégique, structuré et adapté au contexte de l’entreprise. Voici les 8 étapes à suivre pour concevoir un questionnaire réellement utile, qui permet de récolter des données fiables et exploitables.
1. Définir les objectifs de la démarche
Avant de commencer à rédiger la moindre question, il est essentiel de définir le cadre de l’enquête et de clarifier les points suivants :
- Pourquoi lance-t-on ce questionnaire ? Cela peut être pour prendre le pouls global, identifier des irritants spécifiques ou encore préparer la semaine de la QVT.
- À qui est-il destiné ? Il peut être diffusé à l’ensemble des collaborateurs, un service en particulier ou à une population exposée à un risque identifié (femmes, jeunes, plus de 50 ans).
- Quels types de décisions attend-on en sortie ? Les données obtenues doivent servir à proposer des aménagements organisationnels, à hiérarchiser les leviers d’amélioration déjà identifiés ou à mieux fidéliser les talents par exemple.
- Quel support allons-nous utiliser ? En fonction des cibles, des délais et des ressources disponibles dans l’organisation, certains logiciels ou médiums seront privilégiés.
Un questionnaire pertinent repose sur une intention claire. Sans cela, on risque de récolter des données inutiles ou mal interprétées.
2. Impliquer les parties prenantes
La QVT ou QVCT concerne tout le monde. Pour garantir la pertinence des questions et favoriser l’adhésion, il est utile d’associer dès le départ :
- Le comité de direction, pour aligner la démarche avec la stratégie globale
- Les managers de proximité, qui connaissent le terrain
- Les représentants du personnel, référents QVT, responsables RH
- Un petit groupe de collaborateurs volontaires, qui sera l’échantillon test du questionnaire, pour valider le ton et les formulations
Cette étape permet de co-construire un questionnaire réaliste, bien perçu et mieux accepté. La démarche participative, non seulement, augmente l’engagement des employés envers leurs conditions de travail, mais renforce aussi la culture d’entreprise et participe à développer l’attractivité de l’organisation sur le marché de l’emploi.
3. Choisir les thématiques à explorer
Selon les objectifs définis, il est conseillé de sélectionner 4 à 6 grandes thématiques relatives à la qualité de vie et aux conditions de travail.
L’idée n’est pas de tout couvrir, mais de cibler les axes les plus stratégiques ou les plus sensibles dans votre contexte. Chaque thématique devra être traduite en 3 à 5 questions bien formulées. Il vaut mieux un questionnaire ciblé et bien rempli qu’un questionnaire trop long et abandonné à mi-parcours. Voici les axes potentiels à couvrir, illustrés par des exemples de questions concrètes et claires.
Les affirmations données en exemple ci-dessous sont à accompagner d’une consigne concernant la notation : “Indiquez à quel point êtes-vous d’accord avec les affirmations suivantes en utilisant le barème de 1 à 5, 1 signifiant “Pas du tout d’accord” et 5 “Tout à fait d’accord””.
1. Conditions de travail et environnement physique
Ce thème vise à évaluer le confort matériel, l’ergonomie, la sécurité et l’adéquation du poste aux missions.
Exemples d’affirmations :
- Mon poste de travail (bureaux, ateliers, espaces communs…) est agréable et adapté à ma fonction au quotidien.
- Je dispose des outils et équipements nécessaires pour accomplir correctement mon travail.
- Je me sens suffisamment formé(e) aux gestes et postures à adopter dans le cadre de mon activité.
2. Relations interpersonnelles et climat social
Ici, on cherche à mesurer la qualité des interactions entre collègues, le sentiment d’appartenance, la cohésion d’équipe et le soutien perçu entre les collaborateurs.
Exemples d’affirmations :
Je perçois un esprit de coopération dans mon service. de répondre aux exigences de leurs rôles respectifs.
Les relations entre collègues sont bienveillantes et respectueuses.
Je me sens à l’aise pour m’exprimer librement au sein de mon équipe.
3. Management et encadrement
Cette thématique évalue la clarté des objectifs, le soutien managérial, la reconnaissance et la justice perçue au sein de l’organisation.
Exemples d’affirmations :
- Mon manager me fait des retours réguliers et constructifs sur mon travail.
- Je me sens soutenu(e) par mon responsable hiérarchique en cas de difficulté.
- Les décisions prises par la hiérarchie me semblent justes et cohérentes.
4. Organisation du travail et charge professionnelle
Dans ce bloc, on souhaite identifier les irritants liés à la planification, à la surcharge ou à l’imprévisibilité.
Exemples d’affirmations :
- Ma charge de travail est équilibrée et gérable au quotidien.
- J’ai suffisamment d’autonomie dans l’organisation de mes tâches.
- Les changements d’organisation sont communiqués de manière claire et anticipée.
5. Développement professionnel et perspectives d’évolution
Ici, on explore le sentiment de progression, l’accès à la formation, les opportunités et les perspectives de mobilité interne.
Exemples d’affirmations :
- J’ai l’opportunité de développer mes compétences dans le cadre de mon poste.
- Je me sens accompagné(e) dans mon parcours professionnel.
- Je vois des perspectives d’évolution au sein de l’organisation.
6. Équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle
Avec les nouvelles technologies d’information et de communication, la barrière entre la sphère personnelle et professionnelle est de plus en plus mince. Or, savoir (et pouvoir) couper entre la vie privée et la vie de l’entreprise est essentiel pour le bien-être des salariés.
Exemples d’affirmations :
- Mes horaires de travail sont compatibles avec mes contraintes personnelles.
- Je ne suis pas sollicité par mon manager ou mon équipe en dehors de mes heures de travail.
- Mon rythme de télétravail me permet de davantage m’épanouir dans ma vie personnelle.
7. Stress et charge mentale
Cette thématique permet de détecter les signaux faibles liés à la gestion du stress, au mal-être professionnel, à la surcharge mentale et au burn-out.
Exemples d’affirmations :
- Je me sens stressé(e) ou épuisé(e) de manière régulière par mon travail.
- Je sais vers qui me tourner en cas de mal-être ou de difficulté professionnelle.
- Mon entreprise met en place des actions concrètes pour prendre soin de la santé mentale du personnel.
8. Sens, engagement et valeurs
Ce levier bien souvent sous-estimé, qui touche à la motivation intrinsèque et à la culture d’entreprise, se trouve être un poste pourtant très important, surtout pour les jeunes générations.
Exemples d’affirmations :
- Mon travail a du sens pour moi.
- Je suis prêt à recommander mon entreprise comme employeur à mes proches.
- Je me reconnais dans les valeurs portées par mon entreprise.
9. Expression libre (questions ouvertes)
Pour capter les nuances et permettre de cerner au mieux les attentes des collaborateurs, il est important d’ajouter des questions ouvertes, permettant aux répondants de s’exprimer et d’apporter des précisions. Ces verbatims (réponses aux questions ouvertes) sont aussi un moyen d’impliquer le personnel dans la démarche d’évaluation, en leur montrant que l’organisation souhaite réellement recueillir leurs avis.
Exemples de questions ouvertes :
- Selon vous, quels sont les principaux leviers d’amélioration de la qualité de vie au travail dans notre entreprise ?
- Souhaitez-vous partager une remarque ou un besoin non abordé dans ce questionnaire ?
4. Rédiger les questions avec rigueur
Voici quelques bonnes pratiques de rédaction pour les enquêtes, qu’il s’agisse d’un sondage sur la QVCT ou non :
- Privilégier des questions courtes, sans ambiguïté sémantique
- Éviter le jargon technique et utiliser des mots simples
- Formuler des affirmations évaluables avec une échelle de notation
- Utiliser des échelles cohérentes (exemple : de 1 à 5 ou de « pas du tout d’accord » à « tout à fait d’accord »)
- Prévoir des quelques questions ouvertes en fin de section ou à la conclusion
- Éviter les formulations biaisées ou orientées qui peuvent influencer les réponses et nuire à la fiabilité du sondage
- Toujours tester le questionnaire QVT auprès de quelques personnes avant diffusion pour détecter les points flous

5. Structurer le questionnaire
Le questionnaire doit être organisé de manière fluide, généralement en 3 temps :
- Introduction : elle doit présenter l’objectif de la démarche, la durée, rassurer sur l’anonymat et donner les consignes principales concernant le remplissage du questionnaire
- Le corps du questionnaire : on intègre les questions structurées par blocs thématiques, où chacun commence par un petit intitulé clair
- Conclusion : c’est l’espace libre pour les remarques, les remerciements finaux ainsi que des informations sur la suite de la démarche dans l’entreprise (organisation d’ateliers QVT collaboratifs, entretiens individuels, etc.)
Une structure claire et fluide, avec des informations transparentes, garantit l’adhésion des participants au sondage et permet d’obtenir un taux de remplissage élevé.
6. Organiser la diffusion
Le support de déploiement du questionnaire QVT idéal dépend des profils des collaborateurs :
- Numérique : formulaire en ligne, accessible par un lien envoyé par e-mail, un QR code affiché dans les espaces communs ou déposé dans un espace collaboratif virtuel pour les populations à l’aise avec les outils informatiques et digitaux.
- Format papier : formulaire distribué et mise à disposition d’une urne scellée ou d’un espace de réception dédié à la collecte des questionnaires
- Tablette accompagnée : mise à disposition d’outils numériques dans les espaces communs, avec une aide au remplissage
Quel que soit le médium choisi, il faut prévoir une campagne de communication en interne pour annoncer le lancement et préparer les futurs répondants.
7. Tester, ajuster, lancer
Une phase de test (auprès d’un petit échantillon) permet d’identifier :
- Les questions mal comprises.
- Les longueurs éventuelles.
- Les problèmes techniques de navigation ou d’affichage.
Ensuite, ajustez si nécessaire, puis lancez officiellement le questionnaire. Prévoyez une période de réponse (généralement 2 à 3 semaines), avec des relances douces et ciblées si besoin.
8. Collecter, analyser et transformer les résultats en actions concrètes
Un questionnaire QVT n’a de valeur que s’il débouche sur une lecture pertinente des données… et sur des actions visibles. Voici comment structurer cette dernière phase cruciale :
Collecter et consolider les données
- Veillez à garantir l’anonymat et à le rappeler dans les communications pour favoriser des réponses sincères.
- Utilisez une plateforme de traitement permettant d’exporter les données et de croiser les résultats par service, ancienneté ou métier, sans compromettre l’anonymat.
- Regroupez les données par thématique et identifiez les tendances fortes, les signaux faibles et les écarts entre équipes.
Analyser avec nuance
- Ne vous limitez pas à une moyenne globale : repérez les écarts significatifs entre services ou profils, qui révèlent souvent les tensions ou les points d’appui.
- Analysez les verbatims pour détecter des besoins concrets, des idées constructives ou des ressentis récurrents.
- Faites appel à un regard extérieur (comme l’équipe Kalivi) pour interpréter les résultats avec objectivité, sans biais internes.
Transformer les résultats en plan d’action QVT
Organisez une restitution transparente des résultats, à adapter selon le public (CODIR, managers, collaborateurs).
Définissez un plan d’action réaliste, avec :
- Des priorités claires (ne pas tout faire d’un coup).
- Des actions à court, moyen et long terme.
- Des responsables désignés pour chaque action.
- Des indicateurs QVT mesurables pour évaluer la réussite des actions
- Un calendrier de mise en œuvre.
Ce processus de transformation est ce qui fait passer le questionnaire de l’intention à la vraie démarche QVT. C’est aussi un levier puissant d’engagement, à condition de communiquer régulièrement sur l’avancement.

Le modèle Gollac : une base solide pour les questionnaires QVT
Le modèle Gollac, fréquemment utilisé en entreprise pour les questionnaires QVT, tire son nom de Michel Gollac, un chercheur important dans le domaine de la qualité de vie au travail. Ce modèle sert de base pour élaborer des enquêtes qui visent à évaluer les conditions de travail au sein d’une entreprise. Il se focalise essentiellement sur six dimensions clé, permettant une analyse complète des facteurs impactant la QVT :
- La première dimension évalue l’intensité du travail et le temps de travail, demandant des renseignements sur les rythmes, les horaires et la charge de travail
- La deuxième s’intéresse à l’autonomie et à la marge de manœuvre, où les questions portent sur le degré de liberté laissé aux salariés dans l’organisation de leur travail
- L’exposition à des risques physiques et sociaux constitue la troisième dimension, qui vise à identifier les situations potentiellement dangereuses ou stressantes
- Ensuite, la qualité des relations sociales est examinée pour comprendre l’environnement relationnel, incluant les soutiens et les conflits
- Les conflits de valeur représentent la cinquième dimension et abordent l’éthique de travail et les éventuelles tensions morales vécues par les salariés
- Finalement, la sixième dimension concerne la reconnaissance et l’accomplissement, qui interroge sur l’appréciation des efforts et l’épanouissement professionnel.
Le modèle Gollac est souvent utilisé dans le cadre d’un baromètre social, un outil qui permet de mesurer régulièrement l’état de la QVT et d’identifier les facteurs RPS au sein de l’organisation. Ce modèle est reconnu pour sa capacité à fournir une vue d’ensemble concise et à identifier des axes d’amélioration pour augmenter le bien-être au travail.

Se faire accompagner par les professionnels de Kalivi dans sa démarche d’amélioration de la QVCT
Mettre en place un questionnaire QVT, c’est bien plus qu’une formalité ou une case à cocher. C’est une opportunité stratégique pour écouter les collaborateurs, renforcer le lien managérial, et faire émerger des actions concrètes au service de la qualité de vie au travail.
Mais pour que cette démarche porte ses fruits, elle doit être bien pensée, bien menée et bien suivie. De la conception des questions à la restitution des résultats, en passant par l’analyse des réponses et la construction d’un plan d’action, chaque étape compte.
Chez Kalivi, nous accompagnons les entreprises dans cette démarche grâce à des diagnostics RPS, des ateliers collaboratifs, des formations, de la médiation ou encore du coaching. Notre objectif est d’aider les organisations, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité, à penser, lancer et pérenniser des actions en faveur du bien-être professionnel, qui est à la fois bénéfique pour le personnel et l’employeur.
Vous souhaitez lancer une démarche QVT sérieuse, crédible et engageante ? Parlons-en. Nous serons ravis de vous guider pour transformer votre questionnaire en véritable levier d’amélioration collective.


