Définition des Risques Psychosociaux au Travail
Qu’est-ce qu’un risque psychosocial ?
Selon la définition de l’Université d’Artois, les RPS sont « les risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental ».
Cette approche insiste sur l’interaction entre l’individu et son environnement professionnel (organisation du travail, relations, conditions de travail).
L’INRS propose une catégorisation claire des RPS en trois axes majeurs :
- Le stress — un déséquilibre entre les contraintes perçues et les ressources disponibles pour y faire face.
- Les violences internes — harcèlement moral ou sexuel, conflits interpersonnels, etc.
- Les violences externes — insultes, menaces ou agressions provenant de l’extérieur de l’entreprise (clients, usagers…).
Le rapport Gollac et Bodier (2011) ajoute une dimension encore plus large :
« Les RPS sont des risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental ».
Cette définition ancre les RPS dans la culture de prévention collective et les place au cœur des priorités de management.
Les différentes formes de RPS
Voici les principales formes observées, explicitement ou implicitement citées par les sources :
- Stress chronique (déséquilibre prolongé entre exigences et ressources).
- Harcèlement moral ou sexuel, ou conflits interpersonnels persistants (violences internes).
- Violences externes (agressions, menaces, injures depuis l’extérieur).
- Épuisement professionnel (burn-out, ainsi que les formes proches comme le bore-out ou le brown-out).
Ces manifestations sont bien plus que des troubles individuels : elles reflètent des dysfonctionnements systémiques qui, laissés à l’état brut, menacent la santé des personnes et la performance des organisations.

Les Causes profondes des Risques Psychosociaux au Travail
1. Organisationnelles
- Surcharge de travail, travail intensif, pression temporelle, et manque de moyens génèrent un stress durable.
- Objectifs contradictoires ou peu réalistes, absence de clarté dans les missions — tous favorisent les tensions et l’épuisement.
2. Managériales
- Micro-management, absence de reconnaissance, peu d’autonomie : autant de facteurs qui minent la motivation, accroissent le stress et la méfiance.
3. Sociales
- Conflits d’équipe, isolement (notamment en télétravail), et culture d’entreprise toxique fragilisent les repères.
- Le manque d’appartenance, la dégradation des relations sociales et le repli individuel participent à la détérioration de l’ambiance de travail.
4. Contextuelles
- Transformation numérique, incertitude économique, réorganisation accélérée, IA… Les contextes mouvants augmentent l’insécurité perçue.
- Ces transformations, si elles ne sont pas anticipées ou accompagnées, peuvent créer un climat d’anxiété collective.
Pour illustrer, le rapport Gollac identifie six familles de facteurs de RPS : intensité du travail, exigences émotionnelles, autonomie, relations sociales/ reconnaissance, conflits de valeurs et insécurité du cadre de travail — montrant que ces causes sont multiples, imbriquées et souvent amplifiées par les changements organisationnels.

Les conséquences des Risques Psychosociaux au Travail
Sur la santé
Les risques psychosociaux peuvent entraîner divers troubles physiques et psychiques : stress, anxiété, troubles du sommeil, et burn-out sont cités comme conséquences directes, accompagnés parfois de dépression, irritabilité, ou troubles musculo-squelettiques.
En France, trois actifs sur quatre rencontrent un problème de santé mentale lié au travail, et 70 % d’entre eux se désengagent professionnellement. Par ailleurs, 44 % des salariés sont en détresse psychologique, tandis que le niveau de burn-out a doublé depuis 2020.
Sur la performance
Les conséquences s’étendent au-delà de l’individu pour toucher la performance globale de l’entreprise. On observe une baisse d’engagement, une augmentation de l’absentéisme, et un turn-over élevé.
En 2022, les arrêts maladie ont été estimés à 23 milliards d’euros par an dès 2027 si rien n’était fait. L’absentéisme a légèrement reculé en 2023, à 5,06 % contre 5,64 % en 2022, et la proportion de salariés absents au moins une fois dans l’année est passée de 45 % à 38 %. Toutefois, les arrêts de longue durée (plus de 90 jours) ont atteint un record de 2,70 %.
Concernant le turn-over, il a baissé à 14,95 % en 2023, contre 17,44 % en 2022, mais reste plus élevé qu’avant la pandémie (10,95 % en 2020).
Sur l’entreprise
Les implications financières et sociales sont lourdes : coûts cachés (productivité, remplacement, absentéisme), image employeur dégradée, difficultés de recrutement, et risques juridiques.

Cadre légal et obligations des entreprises
Obligation de sécurité de résultat/de moyen
L’employeur a l’obligation légale de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale des salariés (articles L 4121-1 à L 4121-5 du Code du travail).
La jurisprudence interprète cette obligation initialement comme obligation de résultat, mais depuis 2015 elle tend à devenir une obligation de moyen : l’employeur doit démontrer qu’il a mis en place toutes les mesures de prévention requises pour éviter que le risque ne se réalise.
Sanctions possibles
En cas de manquement, la responsabilité de l’employeur peut être engagée civilement (faute inexcusable) ou pénalement, avec possibilité d’amendes ou de peine d’emprisonnement.
Évolutions récentes
Des accords nationaux interprofessionnels cadrent la prévention des RPS :
- Sur le stress au travail (2008),
- Sur le harcèlement et la violence (2010).
Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est obligatoire, mais en 2019, seules 41 % des TPE (1 à 10 salariés) avaient un DUERP à jour, contre 91 % des entreprises de plus de 250 salariés.
Le CSE (et la CSSCT, lorsqu’elle existe) joue un rôle essentiel dans la prévention et l’évaluation des RPS.

Prévention et leviers d’action
Prévention primaire
Agir en amont pour supprimer ou réduire les causes des RPS : clarifier les rôles, réorganiser le travail, promouvoir un management collaboratif, améliorer les processus de travail. Ce niveau est le plus efficace à long terme.
Prévention secondaire
Développer les ressources individuelles pour mieux gérer les tensions : formations à la gestion du stress, ateliers, renforcement des compétences managériales, etc…
Prévention tertiaire
Intervenir lorsque le risque s’est matérialisé : cellules psychologiques, accompagnement personnalisé, médiation, aménagement de poste.
Culture d’entreprise et management bienveillant
Promouvoir le dialogue social, instaurer un management empathique et reconnaissant favorise un climat de confiance et de prévention proactive.

Exemples concrets et bonnes pratiques
Études de cas anonymisées
- Entreprise du secteur tertiaire (250 salariés) : confrontée à un fort taux d’absentéisme (7 %) et un turn-over élevé, la direction a mis en place un diagnostic organisationnel. Résultat : la répartition de la charge de travail a été rééquilibrée, les managers formés au management bienveillant, et un espace de dialogue mensuel instauré. En un an, le taux d’absentéisme a reculé de 2 points, et l’enquête interne a révélé une hausse de 30 % de la satisfaction au travail.
- PME industrielle (80 salariés) : après plusieurs signaux faibles (conflits d’équipe, baisse de performance, arrêts longue durée), une médiation collective a été organisée. Associée à la mise en place d’un baromètre QVT trimestriel, cette action a permis d’identifier des tensions récurrentes et d’y répondre rapidement. La confiance entre collaborateurs s’est restaurée et le climat social s’est nettement amélioré.
Témoignages courts
« Nous avions perdu beaucoup d’énergie à gérer des tensions internes. Le diagnostic et l’accompagnement proposés nous ont permis de restaurer la confiance et de redonner du sens à nos équipes. » – Responsable RH, secteur services.
« Grâce à l’enquête QVT et aux ateliers de prévention, nous avons identifié nos points de vigilance et mis en place des actions concrètes. Nos collaborateurs se sentent désormais mieux écoutés. » – Dirigeant de PME.
Outils pratiques pour prévenir les RPS
- Baromètres QVT : questionnaires réguliers pour mesurer la perception des collaborateurs sur leur bien-être, le stress et la qualité du management.
- Enquêtes internes anonymes : pour libérer la parole, détecter les signaux faibles et identifier les zones de tension.
- Indicateurs sociaux : suivi de l’absentéisme, du turn-over, des arrêts longue durée, ou encore des conflits recensés. Ces données, croisées avec les perceptions qualitatives, offrent une vision globale de la santé sociale de l’entreprise.

L’approche Kalivi
Chez Kalivi, nous sommes convaincus que la prévention des risques psychosociaux et la promotion de la qualité de vie au travail ne doivent pas être traitées séparément, mais comme deux facettes complémentaires d’une même stratégie.
Une approche spécifique : QVT + RPS
- RPS : gestion proactive des risques, identification des causes profondes, prévention des crises.
- QVT : mise en place d’actions positives, développement de l’engagement, renforcement de l’attractivité employeur.
L’alliance des deux permet de sécuriser vos équipes tout en stimulant leur motivation et leur performance.
Une méthodologie structurée et humaine
- Diagnostic RPS : évaluation fine des facteurs de stress et de satisfaction via entretiens, enquêtes, et analyse des indicateurs sociaux.
- Accompagnement : construction d’un plan d’action adapté à votre culture d’entreprise et vos priorités.
- Mise en place des actions : ateliers, formations managériales, dispositifs d’écoute, outils de suivi.
- Suivi & ajustement : mesure des résultats (absentéisme, engagement, climat social) et ajustement continu pour ancrer les bonnes pratiques.
La valeur ajoutée Kalivi
Notre objectif n’est pas seulement de réduire les risques, mais de transformer la prévention des RPS en levier stratégique pour :
- Fidéliser vos talents,
- Améliorer votre image employeur,
- Développer une culture d’entreprise durable et performante.

Travaillez avec Kalivi
Les risques psychosociaux ne sont pas une fatalité. Ils traduisent des tensions réelles, mais sur lesquelles vous avez la possibilité d’agir.
En mettant en place une stratégie claire, structurée et humaine, il est possible de protéger vos collaborateurs, de renforcer leur engagement et de transformer votre organisation en un lieu où il fait bon travailler.
N’attendez pas que les premiers signaux faibles se transforment en crise.
Faites le choix d’agir tôt : réalisez un audit de votre climat social, engagez une démarche QVT, et donnez à vos collaborateurs les moyens de s’épanouir au quotidien.
Chez Kalivi, nous vous accompagnons pas à pas pour faire de la prévention des RPS un véritable levier de performance et d’attractivité.
Contactez-nous dès aujourd’hui pour un diagnostic personnalisé.

FAQ – Risques psychosociaux au travail
1. Qu’est-ce qu’un risque psychosocial (RPS) ?
Un RPS désigne une situation professionnelle susceptible de générer du stress, de l’anxiété ou un mal-être chez les salariés. Selon l’INRS, les RPS incluent le stress chronique, le harcèlement, les conflits interpersonnels et le burn-out.
2. Quels sont les signes d’alerte des RPS au travail ?
Parmi les signaux les plus fréquents : fatigue persistante, irritabilité, absentéisme, baisse de motivation, conflits fréquents, troubles du sommeil ou santé dégradée.
3. Qui est responsable de la prévention des RPS ?
L’employeur a une obligation légale de sécurité de résultat pour la santé physique et mentale de ses salariés (Code du travail, articles L4121-1 et suivants). Le CSE et le DUERP (document unique d’évaluation des risques) sont également des outils clés pour prévenir les RPS.
4. Quelles sont les conséquences des RPS sur l’entreprise ?
Les RPS impactent directement :
- La performance : baisse de productivité et d’engagement, absentéisme, turn-over.
- La santé financière : coûts liés aux arrêts maladie et au recrutement.
- L’image employeur : réputation dégradée et difficulté à attirer des talents.
5. Comment prévenir efficacement les RPS au travail ?
La prévention s’articule sur trois niveaux :
- Primaire : agir sur l’organisation et le management.
- Secondaire : accompagner les salariés via formations, coaching et cellules d’écoute.
- Tertiaire : gérer les situations de crise et soutenir le retour au travail.
6. Quelle est la différence entre QVT et RPS ?
- RPS : concernent la prévention des risques psychosociaux, c’est-à-dire les facteurs de stress ou de mal-être au travail.
- QVT (Qualité de Vie au Travail) : englobe les actions positives pour améliorer le bien-être et la satisfaction des salariés. Les deux sont complémentaires.
7. Quels outils pour mesurer et suivre les RPS ?
- Baromètres QVT et enquêtes internes anonymes pour évaluer le ressenti des collaborateurs.
- Indicateurs sociaux : absentéisme, turn-over, accidents ou conflits.
- Entretiens individuels et collectifs pour identifier les causes profondes et ajuster les actions.
8. Quand faire appel à un cabinet spécialisé comme Kalivi ?
Si vous constatez des tensions persistantes, un climat social fragile, un taux élevé d’absentéisme ou de burn-out, il est recommandé de diagnostiquer la situation avec un cabinet expert. Kalivi accompagne les entreprises dans la prévention des RPS et la promotion de la QVT, en transformant le bien-être des salariés en levier de performance.

