Définition des RPS
Les RPS, ou risques psychosociaux, sont définis comme l’ensemble des risques inhérents au cadre professionnel, qui peuvent altérer la santé mentale et/ou la santé physique des travailleurs.
Toutes les entreprises sont concernées par les RPS, quels que soient leur taille et leur secteur d’activité. De la même manière, tous les collaborateurs, peu importe leur métier, leur catégorie socioprofessionnelle et leur profil, sont concernés par ces risques. D’ailleurs, l’article L. 4121-1 du Code du travail stipule qu’une obligation générale de sécurité incombe à l’employeur, dont la prévention de RPS fait partie.
Selon les travaux de l’institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), les risques psychosociaux sont des conséquences de la présence d’un ou plusieurs perturbations professionnelles, à savoir :
- Le stress, causé par un déséquilibre réel ou perçu entre ses contraintes et obligations professionnelles et les ressources disponibles (matériel, personnel, temps, etc.) pour y faire face.
- Les violences internes, commises au sein de l’entreprise par des membres de l’organisation, comme le harcèlement moral ou physique, une pression démesurée exercée par les managers ou encore une ambiance conflictuelle entre les collaborateurs.
- Les violences externes, commises par des individus externes à l’entreprise (prestataires, partenaires, clients, concurrents), qui regroupent les menaces, agressions ou insultes subies.
Quels sont les facteurs des RPS ?
Les risques psychosociaux au travail sont influencés par plusieurs facteurs clé, qu’ils soient liés à l’organisation et son type de management, au secteur d’activité, aux conditions de travail ou encore aux relations avec entre les collaborateurs ou avec la clientèle. Comprendre ces éléments est essentiel pour prévenir et lutter efficacement contre les RPS au sein des organisations.
1- Intensité et temps de travail
Ce facteur concerne la charge de travail, les délais impartis et les horaires. Une surcharge de travail, des objectifs irréalistes ou des horaires imprévisibles peuvent entraîner du stress et de l’épuisement. D’ailleurs, d’après de nombreuses études, la majorité des actifs occupés déclarent être soumis à un travail intense ou subir des pressions temporelles.
Des environnements internationaux avec des horaires différents entre les pays peuvent favoriser ce facteurs de risques psychosociaux.
2- Exigences émotionnelles
Ce facteur englobe les situations dans lesquelles les employés doivent cacher ou maîtriser constamment leurs émotions. On peut citer les activités qui impliquent des contacts avec le public, des confrontations à la souffrance ou une nécessité permanente d’afficher une neutralité comme à l’hôpital par exemple ou dans les centres de téléassistance. Cela peut entraîner une fatigue psychologique et altérer la santé mentale sur le long terme.
3- Manque d’autonomie
Ce facteur se réfère à la faible marge de manœuvre laissée aux employés dans l’organisation de leur travail, la répression de la prise d’initiatives, le manque de flexibilité ou l’absence de participation aux décisions.
Près de 64 % des actifs occupés déclarent manquer d’autonomie dans leur travail, selon le site travail-emploi.gouv.
4- Rapports sociaux et relations de travail
Ce facteur concerne la qualité des interactions entre collègues, avec la hiérarchie, les partenaires ou encore avec la clientèle. Les relations conflictuelles, le harcèlement, le manque de transparence, de considération, une forte pression, ou encore une concurrence anxiogène au sein des équipes nuisent aux rapports sociaux, créent du stress et fragilisent les travailleurs.
5- Conflits de valeurs
Ce facteur apparaît lorsque les exigences du travail sont en contradiction avec les valeurs personnelles de l’employé, ou lorsque le travail perd son sens.
Cela peut se produire lorsqu’un employé est contraint de vendre un produit dont il doute de la qualité, ou chargé de promouvoir les valeurs sociales de son entreprise alors que celle-ci ne traite pas correctement ses salariés par exemple.
6- Insécurité de la situation de travail
Ce facteur englobe la peur de perdre son emploi, le recours systématique à des contrats précaires, les restructurations de service trop fréquentes, les changements hiérarchiques réguliers, les coupes budgétaires répétitives, ou la modification intempestive de la stratégie ou des valeurs de la firme. Ainsi, les entreprises en PSE sont confrontées à ce type de facteurs de risques psychosociaux.
Dans le climat social et économique actuel, ce facteur prend de plus en plus d’importance et mérite toute l’attention des entreprises.
En comprenant ces six facteurs et en réalisant des diagnostics RPS avec les organismes spécialisés, les entreprises peuvent identifier les sources potentielles de risques psychosociaux et mettre en place des mesures préventives adaptées pour améliorer le bien-être de leurs employés ainsi que la santé de son entreprise.
Lire notre article dédié aux facteurs RPS pour en savoir plus
Quelles sont les conséquences des RPS ?
Si les conséquences des RPS sont assez évidentes pour les salariés, puisqu’ils sont directement impactés par ces facteurs et que c’est leur santé mentale ou physique qui se retrouve altérée, la pérennité des organisations peut tout autant être mise à mal.
Pour les salariés, les RPS sont synonymes d’altération de la santé mentale pouvant mener à l’apparition de troubles anxio-dépressifs, à un stress chronique ou à l’épuisement professionnel (burn-out).
Ces risques peuvent aussi causer des problèmes de santé physique. On peut citer ici l’apparition de maladies cardiovasculaires, de troubles musculo-squelettiques (TMS), de troubles du sommeil ou encore une fatigue chronique.
Du côté de l’entreprise, l’absence de prévention des risques psychosociaux peut engendrer :
- Un turnover élevé : un environnement de travail délétère nuit à la motivation des employés et peut les pousser à quitter l’entreprise au profit d’une organisation plus attentive et impliquée aux conditions de travail et au bien-être de ses équipes.
- Une diminution de la productivité : le mal-être au travail réduit l’engagement du personnel, élément directement lié à l’efficacité et donc à la productivité.
- Une dégradation du climat social : les tensions ou de mauvaises conditions de travail créent un environnement professionnel nuisible, ce qui impacte l’engagement des salariés et peut aussi se répercuter sur les relations avec la clientèle.
- Une augmentation de l’absentéisme : les salariés en souffrance sont plus sujets aux arrêts de travail.
Le turnover élevé, la diminution de la productivité ou un absentéisme important sont générateurs de coûts importants pour les ressources humaines, et mettent à mal la rentabilité de l’entreprise. Prévenir ces risques et assurer des formations spécifiques sur les RPS et travailler à l’amélioration continue de l’environnement et des conditions de travail via une démarche QVT adaptée permet donc de préserver la santé collaborateurs, mais aussi la santé financière de la firme.
Vous souhaitez en apprendre davantage sur les RPS, leurs facteurs et leurs conséquences pour les employés et les entreprises ? Contactez notre équipe et discutons ensemble des solutions qui peuvent améliorer la qualité de vie au travail de vos collaborateurs et sécuriser votre entreprise.


